MARIE-CLAIRE de Marguerite AUDOUX

En flânant sur une brocante j’ai trouvé un livre de poche pour 50 centimes d’euros : Marie-Claire de Marguerite Audoux. J’avais lu ce roman quand j’étais adolescente et vu le prix auquel le vendeur le proposait j’ai eu envie de le relire car j’avoue que j’avais plutôt oublié et l’intrigue et l’auteur. Lors d’un voyage en train j’avais emporté ce petit livre et je l’ai lu d’une traite. J’avoue qu’il m’a captivée et charmée.

Marguerite Audoux (1863-1937) est originaire du Cher. A la mort de sa mère, elle a été abandonnée par son père et a grandi dans un orphelinat à Bourges. Placée en Sologne comme bergère et servante dans une ferme à l’âge de quatorze ans, elle va vivre une belle histoire d’amour. Mais la famille du jeune homme s’opposera à cette union qui lui apparait comme une mésalliance. Elle s’installera alors à Paris comme couturière et elle vivra alors souvent dans la misère. Alors que sa vue devient trop basse pour la couture, Marguerite Audoux se met à écrire ses souvenirs de jeunesse. Sa nièce lui fera rencontrer Jules Iehl, un ami d’André Gide. C’est lui qui l’amènera à fréquenter un groupe d’artistes et d’écrivains. Ayant découvert les écrits de son amie et charmé par son style, il présente le manuscrit à Octave Mirebeau. C’est cet écrivain très célèbre à l’époque qui imposera l’œuvre aux éditeurs.

Le 2 décembre 1910 le Prix Femina est décernée à Marguerite Audoux pour son roman qu’on a intitulé « Marie-Claire ». Immédiatement ce livre va devenir un best-seller. Il se vendra à plus de cent mille exemplaires et sera traduit dans de nombreuses langues. C’est à ce livre que le magazine féminin ‘Marie-Claire » doit son titre.

Marguerite Audoux raconte, d’une façon simple et très délicate, son enfance et son adolescence ainsi que son histoire d’amour. Son roman est plein de charme et de poésie. Il nous fait découvrir la vie des bergères et des domestiques dans les fermes de Sologne à la toute fin du XIXème siècle. L’auteur y raconte aussi de façon très pudique et romantique son histoire d’amour. Le sentiment de la nature est très présent dans ce livre qui charmera tous ceux d’entre vous qui aiment les romans plutôt classiques et intimistes. Cette relecture m’a procuré un excellent moment et j’ai beaucoup admiré le style très simple, sans prétention mais très efficace de cette autrice aujourd’hui trop oubliée du grand public.

Pour ceux qui seraient intéressés je précise qu’il existe, depuis 2015, un musée consacré à Marguerite Audoux. Situé dans le Cher,  à Sainte- Montaine (18700), ce musée présente la romancière à travers son œuvre, ses amitiés littéraires (Alain-Fournier, André Gide, Octave Mirbeau, Maurice Genevoix…) et son attachement profond à la Sologne. Voici les coordonnées de cet établissement : 24 rue Principale – 18700 Sainte-Montaine – 02 48 58 26 12 – musee.marguerite-audoux@orange.fr – Facebook : Musée Marguerite-Audoux.

Il y a aussi une association des Amis de Marguerite Audoux. Son but est de faire connaître l’œuvre de l’écrivain en organisant des manifestations culturelles et diffusant les publications universitaires sur son œuvre.