ORLEANS = PREMIER SALON DU LIVRE

Il était surprenant -et presque scandaleux- que la ville d’Orléans, qui est la capitale de la région Centre-Val de Loire n’ait pas de salon du livre digne de ce nom. Depuis le week-end dernier (20/21 octobre 2018) voici enfin une lacune qui a été comblée. Grâce aux efforts de l’association Arts et Littératures au Pluriel et avec le soutien du département du Loiret et de la ville d’Orléans, un premier salon du livre a pu enfin voir le jour auquel on a donné le joli nom de Festival « Livre O’Coeur ». Le cadre de cette manifestation était prestigieux : la ville d’Orléans avait mis à la disposition de l’association les serres du Jardin des Plantes, bâtiment construit en 1834 par l’architecte orléanais François-Narcisse Pagot,  qui comprend une orangerie et une serre tropicale d’une surface  totale d’environ 500 mètres carrés. Ces serres furent parmi les premières en France à accueillir et à voir fleurir des plantes tropicales. La hauteur sous plafond des serres est calculée pour que les plus beaux spécimens d’arbres tropicaux puissent s’y développer.

Cependant, bien que ce lieu magnifique soit très vaste, tous ceux qui désiraient participer à ce premier salon du livre (éditeurs, auteurs, libraires, illustrateurs…) n’ont pas pu être accueillis faute de place. Et on a demandé aux auteurs qui ont eu la chance d’être retenus de choisir pour venir présenter leurs ouvrages entre la journée du samedi et celle du dimanche. Il semblerait aussi, que pour la même raison, les organisateurs se soient limités à inviter des maisons d’édition installées à Orléans ou à proximité. Les éditions de l’Ecluse, dont le siège social est à Chatillon-Coligny, ont été carrément ignorées lors de l’organisation de cette manifestation ; ce qui est très dommage car elles ont un catalogue portant sur l’histoire et le patrimoine locaux qui n’aurait pas manqué de passionner les visiteurs.

Et, l’organisation d’un salon du livre à Orléans devait être bien indispensable si on en juge par l’affluence du public qui s’est bousculé dans les allées durant les deux jours pour découvrir, feuilleter, acheter les livres présentés par les auteurs et les éditeurs. Du point de vue de la fréquentation, le salon a été indéniablement un immense succès. C’est avec plaisir que j’y ai présenté mes livres le dimanche -en particulier mon recueil de nouvelles sur la forêt d’Orléans pour lequel les visiteurs ont manifesté un intérêt marqué. J’ai eu le plaisir de me faire dédicacer par Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, son dernier ouvrage sur « Victor Hugo au Sénat ». J’ai fait la connaissance de Frédéric Cuillerier-Desroches, mon voisin de stand qui, surprise ! présentait un roman historique « Roch et Carolina », dont l’action se déroule durant la guerre de 1870 et la Commune . Et j’ai retrouvé mon ami Louis Raffin et son roman de science-fiction « Proteus » dont les robots ont suscité l’intérêt des visiteurs.  Pour animer le salon, des débats, des ateliers d’écriture, un concours de couvertures avaient été judicieusement organisés.

Pour ma part, je pense que, pour un premier salon, ce fut une réussite et je remercie de tout cœur les responsables de l’association et les bénévoles qui ont travaillé à son succès et qui nous ont accueillis avec gentillesse et efficacité. Par contre il me semble que, pour une ville comme Orléans, -capitale régionale- cette manifestation manquait singulièrement d’ambition. J’y ai vu une manifestation d’intérêt local, centrée sur le public, les auteurs et les éditions d’Orléans et de son immédiate proximité. D’ailleurs cela ressortait de la politique de communication qui a été menée : affichage publicitaire à Orléans uniquement et non dans tout le Loiret, ignorance des auteurs et des éditeurs résidant à  plus d’une trentaine de kilomètres de la ville, etc… On s’attendrait à voir mener de la part de la ville, du département et de la région un projet de plus grande envergure, élargi à tous les acteurs du livre dans l’ensemble de la région Centre-Val de Loire et proposé à tous les lecteurs de cette même région. Et pourquoi ne pas avoir l’ambition d’attirer même les Parisiens à ce salon du livre ? Après tout, la capitale n’est qu’à une heure de train d’Orléans, c’est-à-dire moins loin que certaines banlieues !

Enfin, pour une première tentative, je pense qu’il faut faire preuve d’indulgence et que ce salon du livre ne constituera qu’un brouillon -très réussi certes, mais insuffisant- des manifestations qui nous attendent à Orléans dans les années à venir autour du livre et de la lecture.