Quelques extraits

Vous pouvez lire ci-dessous deux courts extraits du premier chapitre de  « L’Alliance ». Si vous souhaitez en voir plus et  vous faire une idée plus précise du roman, rendez-vous sur le site d’Edilivre qui en propose deux chapitres entiers.

extrait1« Cette année-là, sa vie changea complètement. Au solstice d’hiver, Exalte eut quinze ans et Akkhlis, l’homme qui l’avait élevée et protégée, mourut.

Elle devait se souvenir toute son existence de ce sombre matin d’hiver où la neige tombait et où le vent soufflait violemment sans discontinuer. Akkhlis, sentant son agonie venir, l’avait fait appeler. Dans la chambre silencieuse, qui donnait sur le cloître du couvent, Iris, l’apothicaire, se tenait immobile, debout à la tête du lit. Par la fenêtre, on voyait au dehors,  dans la lumière réfractée par la neige, tous les desservants qui priaient l’Unique en se livrant à la danse de méditation. Ces silhouettes effectuant à l’orée de la forêt leurs lents mouvements pensifs, accompagnées par les sons lancinants des hauts tambours, donnaient au paysage quelque chose d’irréel et paraissaient avoir arrêté la course du temps (…) »

 

« (…) Lorsqu’Exalte et Ludysia furent installées sur leurs chevaux, Iris les retint encore :
extrait2« -J’allais oublier une chose importante. Vous allez rencontrer sur votre chemin des formations de glorupe très étendues. Dans la mesure du possible essayez de les contourner. Ne marchez pas dedans. Ni vous, ni les chevaux. Ne les touchez surtout pas. Si par malheur, vous ou les animaux, étiez contaminés, je vous ai pourvues de deux gourdes emplies d’une solution huileuse. Elle sent très mauvais mais elle est à appliquer, sans faute, deux à trois fois par jour, sur les endroits atteints. Et jusqu’à disparition totale de toute trace de glorupe. S’il récidive, il faut recommencer le traitement. Ne laissez pas non plus trainer vos affaires dans le glorupe. Soyez très vigilantes. Allez filez vite et bonne chance. Que l’Unique et surtout la Dame de Temps, vous protègent. »

Exalte et Ludysia quittèrent Iris à regret et, en franchissant la poterne, leurs cœurs se serrèrent. Exalte qui n’avait jamais connu autre chose que le monastère se sentait la plus angoissée des deux. Elle s’efforçait crânement de cacher ses sentiments à son amie. La neige était épaisse. Les chevaux y progressaient lentement, au pas. Les cavalières gagnèrent bientôt le couvert de la forêt. Sous les arbres, la neige qui recouvrait le chemin était moins épaisse. Sans qu’elles ne leur demandent rien, leurs montures prirent le grand trot, puis se lancèrent dans un petit galop bien cadencé. Mais bientôt, les arbres s’éclaircirent et l’orée de la forêt s’ouvrit sur une étendue plate que les rayons de lune faisaient briller. Les chevaux reprirent le pas s’enfonçant à nouveau dans la neige presque jusqu’au poitrail. Grâce à leurs efforts, ils s’éloignèrent rapidement des bois.

C’est alors que, derrière les cavalières, surgit des profondeurs de la forêt un énorme loup noir. Il était accompagné de sa louve toute blanche. Furtivement et en silence, les deux fauves se mirent à suivre les jeunes filles. »